L’énergie des autres

Toute notre vie, on est amené à rencontrer tout un tas de personnes, qui vont nous apporter, toutes, énormément de choses. Qu’on le souhaite ou non d’ailleurs. Une sorte de porosité affective incontrôlable.

Des banalités ? Pas tant que ça.

les emotions des autres

Pourquoi je dis tout ça ? Peut-être parce que je suis quelqu’un d’hypersensible. Quelqu’un d’un peu trop perméable « aux ambiances », trop sensible aux « états d’âmes » des autres. Une sorte de contenant (vide au départ ?) rempli par les autres.

Il m’arrive de me sentir bien ou mal sans raison réelle, mis à part l’état des gens qui m’entourent.

Et ça m’affecte.

Ça m’affecte parce que je ressens des émotions qui ne sont pas les miennes mais qui me bouleversent, jusqu’à parfois me faire mal. Et dans ces moments-là, j’ai besoin de mettre des mots sur ces maux qui ne sont pas les miens. Ça peut paraître de l’intrusion, du manque de tact, de l’ingérence. Mais c’est très loin d’être cela. J’ai juste besoin que les non-dits soient dits. Que les maux soient révélés pour qu’ils soient exorcisés. Pour que les blessures puissent commencer à se soigner. Pour que mon mal cesse. C’est très égoïste, en sorte.

Parce que mon vrai mal-être, c’est l’absence de pardon, je crois.

Et ce qui n’est pas prononcé, ne peut être pardonné. Un état immuable qui me ronge, qui fait peur à la petite fille enfouie en moi. Celle qui n’a pas grandi et qui attend encore.

Heureusement, il y a aussi ces rencontres énergisantes. Des personnes positives qui s’ignorent. Le plus souvent malgré elles. C’est ça, le plus surprenant. Ces personnes ne se sentent pas admirables et pourtant leur appétit de vie, malgré leur histoire plus ou moins chaotique, est extraordinaire. Elles relativisent, écoutent, s’émerveillent, encouragent, pardonnent. Elles ont cette volonté d’avancer. Toujours. Malgré tout. Tout le temps. Elles ont envie de voir le beau en chaque chose, en chaque être. Comme si leur vie en dépendait.

Et ça, ça fait du bien. C’est d’ailleurs au détour d’une conversation que j’ai eu cette révélation. « Je ne suis pas forte, tu sais, c’est juste de la survie ». Mais oui c’est donc ça : l’instinct de survie, ce formidable élan d’énergie positive. A chaque instant, on se doit de vivre sinon on est mort.

Cette force m’impressionne autant qu’elle me galvanise. Ça rééquilibre. Ça rend le monde moins bancal. Et même s’il n’est pas harmonieux, il l’est déjà plus. Et c’est le plus important : vivre en harmonie avec les autres pour être en paix avec soi-même.